OUVRAGES

OUVRAGES2018-08-15T19:33:06+00:00

AVEC OU SANS VIOLENCE

D’un essor de créativité partagée à l’épreuve.
Florence Samson tente de parler dans son ouvrage des violences qui ont un impact sur le monde, les sociétés et les individus, des évènements qui détruisent les peuples, les personnes dans leur quotidien. Tout comme notre environnement. Elle nous interroge sur notre responsabilité individuelle et collective. Pour contre-balancer, l’auteure expose sa vision d’une humanité non violente et une philosophie de vie, le bouddhisme laïc. Elle propose des solutions pour construire un nouveau modele de société.

L’Harmattan, 2018
Florence Samson publie là son dix-huitième ouvrage depuis 2005. Elle est décorée des Palmes du bénévolat, échelon Bronze, et du Mérite bénévole, échelon Or, pour son engagement associatif depuis l’âge de 15 ans.

CONSCIENCE CONTRE VIOLENCE

Stefan Zweig finit de rédiger ce texte prémonitoire en 1936, en pleine montée du fascime : il nous raconte le conflit qui opposa Sébastien Castellion (1515-1563), partisans de la tolérance, au théologien Jean Calvin (1508-1564). Le rapprochement entre la ville de Genève au XVIe siècle et l’Allemagne nazie, entre Calvin et Hitler, entre les disciples de Guillaume Farel, qui fit adopter la Réforme à Genève, et les hordes hitlériennes s’impose d’emplée au lecteur. Quelques décennies plus tard, la montée des intégrismes religieux, la résurgence des extrêmes droites sont plus que jamais d’actualité et cet écrit polémique n’en a que plus de force.

Le livre de poche, Paris, 2010.
Stephan Zweig (1881-1942), écrivain austro-hongrois, ami proche de Romain Rolland avec qui il partageait ses idéaux d’humanisme, de pacifisme, de fraternité et d’universalité.

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE

Publié en 1576, le Discours de la servitude volontaire est l’oeuvre d’un jeune auteur de dix-huit-ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l’humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l’armature même du pouvoir.

Éditions Mille et une nuits-Fayard, Paris, 1997
Étienne De La Boétie (1530-1563), écrivain humaniste et poète français.

IDENTITÉ ET VIOLENCE

Le monde semble redevenir une fédération de “cultures“, de “civilisations“, où chacun est sommé de se ranger. Faut-il s’y résigner ? N’avons-nous d’autre choix que de nous enfermer en des identités closes ? Remettant en cause l’idée de Moyen-Orient et d’Occident monolithiques, rompant avec la logique de l’affrontement entre blocs antagonistes, se revendiquant à la fois de ses racines indiennes et de la culture des pays occidentaux où il travaille, Amartya Sen dénonce les illusions qui entourent de nos jours la notion d’identité. La liberté qu’a chacun de se construire par-delà des identités fermées, grâce à la multiplicité de ses appartenances, est peut-être le seul recours contre la violence. “Critiquant les tendances actuelles au communautarisme, Amartya Sen rappelle à quel point l’identité moderne est complexe et multidimensionnelle“, Francis Fukuyama. “Une rare synthèse d’intelligence et d’implication personnelle. Un livre qui nous sauve des théories militaristes, de la guerre des civilisations“, Nadine Gordimer.

Odile Jacob, Arles, 2015
Amartya Sen (né en 1933), économiste et philosophe indien, chercheur et enseignant depuis 1972 en Inde, au Royaume-Uni et aux États-Unis, Il reçoit en 1998 le prix Nobel d’économie pour ses travaux sur la famine, sur la théorie du développement humain, sur l’économie du bien-être, sur les mécanismes fondamentaux de la pauvreté et sur le libéralisme politique.

LA COMMUNICATION NON-VIOLENTE AU QUOTIDIEN

Communiquer, nous le faisons tous constamment. Cependant, peu sont celles et ceux qui connaissent les règles d’une communication réellement respectueuse de soi et de l’autre. Dans ce livre, Marshall B. Rosenberg propose une méthode qui permet en toutes circonstances d’accroître la qualité de la relation, la compréhension et les rapports entre les personnes, mais aussi et surtout le respect de nos différences mutuelles. “Quand nous réussissons à entretenir la fluidité de communication décrite dans ces pages – en exprimant sincèrement ce qui se passe en nous et ce que nous aimerions, ainsi qu’en écoutant les autres et ce qu’ils aimeraient de manière empathique -,j’ai constaté que nous pouvons goûter plus pleinement à la magie de la bienveillance“. 

Jouvence Editions, Genève, 2003
Marshall Rosenberg (1934-2015) psychologue américain et créateur de Nonviolent Communication, un processus de communication qui aide les gens à échanger l’information nécessaire pour résoudre pacifiquement les conflits et les différences.

LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE

L’ouvrage s’ouvre sur cette pensée toujours actuelle : “Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins“, demeure l’un des plus beaux pamphlets contre l’Etat qui, d’André Gide à la Beat Generation, a exercé une influence déterminante.

Editions Mille et une nuits, Paris, 1996
Henry David Thoreau (1817-1862), essayiste, philosophe et poète américain, il est considéré, par ses écrits et ses actions, comme étant à l’origine du concept contemporain de non-violence et influenca notamment Léon Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King. En 1849, il démissionnait de son poste de professeur à l’école publique, car il refusait de battre les élèves.

LA FORCE SANS LA VIOLENCE

La lutte non violente a permis de résoudre un nombre important de graves conflits. Elle est venue à bout des plus grandes puissances militaires. Le travail de chercheurs a permis de comprendre le rôle incomparable d’une population qui, écrasée par la violence d’une dictature, d’une oppression ou d’une agression, se redresse et se met en marche avec une incroyable détermination. Pourtant, il ne suffit pas de descendre dans la rue par millions : la clé de la réussite, c’est aussi la stratégie, un exercice de haut vol qui ne s’improvise pas.

L’Harmattan, Paris, 2009
Gene Sharp (1928-2018), politologue américain connu pour ses nombreux écrits sur la lutte non-violente. Il a été parfois surnommé le “Machiavel de la non-violence”, fondateur de l’Albert Einstein Institution, une association sans but lucratif qui étudie et promeut la résistance nonviolente dans les zones de conflits actuelles.

LA RÉSISTANCE PALESTINIENNE : DES ARMES À LA NON-VIOLENCE

Dans sa lutte désormais centenaire, le peuple palestinien, colonisé par le mouvement sioniste, a traversé plusieurs périodes correspondant à des contextes géopolitiques très différents. Confronté à un ennemi puissant soutenu par les principales puissances impériales du XXe siècle, le mouvement national palestinien a cru un moment nécessaire et possible d’obtenir la libération par une lutte armée de longue durée. Il a perdu ce pari et, tirant les leçons de ses échecs, il s’est engagé dans une résistance populaire non violente qui a fait l’admiration des peuples du monde dominé et ouvert la voie aux “Printemps arabes”.

L’Harmattan, 2017
Bertrand Ravenel, agrégé d’histoire,est l’auteur de plusieurs livres consacrés aux problèmes méditerranéens. Membre du comité de rédaction de la revue Confluences-Méditerranée, il a écrit de nombreux articles sur la question palestinienne. Il fut président de l’Association-France-Palestine-Solidarité et de la Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine de 2001 à 2011.

LA VIOLENCE

Comment comprendre la violence ? La plupart des explications disponibles, tant en sociologie qu’en anthropologie ou en sciences politiques, sont souvent réductrices, tant la violence combine des aspects différents, depuis la violence fondatrice jusqu’à la violence gratuite de l’extrême cruauté. Dans ce livre, Michel Wieviorka tente de proposer une vision d’ensemble, qui ne laisse de côté aucun des traits de la violence et la resitue dans sa véritable dimension : manifestation d’une fêlure, voire d’une fracture du sujet, dans les moments où le sens se dérobe.

Les éditions Pluriel, Paris, 2012
Michel Wieviorka, sociologue et écrinain français, Michel Wieviorka, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et Président du directoire de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme.

LA VIOLENCE ET LE SACRÉ

Comment les cultures archaïques se protégeaient-elles des rivalités mimétiques ? C’est pour répondre à cette question que j’ai écrit La violence et le sacré”, explique René Girard. Dans cet essai audacieux et percutant, il met l’accent sur le rôle de la « violence fondatrice » et sur celui de la « victime émissaire » pour expliquer les premières institutions culturelles et sociales. Une vaste culture ethnologique et des références incontestables permettent à l’auteur de construire une théorie nouvelle du sacré, et de donner une interprétation convaincante de nombreux thèmes mythiques et rituels (la fête, les jumeaux, les frères ennemis, l’inceste, le masque, etc.) dont la signification profonde n’apparaît ici avec tant d’évidence que parce qu’ils sont étudiés, pour la première fois, dans leur unité. Enfin, le plus grand mérite de René Girard est peut-être dans la clarté et dans l’élégance de son exposé. Libéré de toutes les obscurités tenant aux jargons initiatiques, voici un livre d’une grande importance scientifique qui est aussi une magnifique œuvre littéraire.

Fayard/Pluriel, Paris, 2011
René Girard (1923-2015), anthropologue, historien et philosophe français, inventeur de la « théorie mimétique » qui, à partir de la découverte du caractère mimétique du désir, cherche à fonder une nouvelle anthropologie de la violence et du religieux.
Le concept de mimesis ordinaire, décrit dans la poétique d’Aristote et dérivé de celle de Platon, exclut deux types de conduite qui sont également soumis à l’imitation par l’homme : le désir et l’appropriation. Pour Girard, le désir humain est essentiellement mimesis ou imitation, c’est-à-dire que nos désirs sont façonnés par les désirs des autres (ce qui diffère de Freud).

LA VOIE DE LA NON-VIOLENCE

La voie de la non-violence n’est pas seulement l’apanage des saints et des sages, mais aussi bien de tous les autres hommes. «La non-violence est la loi de notre espèce, comme la violence est la loi de la brute. L’esprit somnole chez la brute qui ne connaît pour toute loi que celle de la force physique. La dignité de l’homme exige d’obéir à une loi supérieure : à la force de l’esprit». Dans l’histoire de l’humanité, Gandhi est le premier à avoir étendu le principe de la non-violence du plan individuel au plan social et politique.

Folio-Gallimard, Paris, 2005
Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948), dirigeant politique, guide spirituel de l’Inde, communément appelé le Mahatma Gandhi, ou “grande âme“. Il a été un pionnier et un théoricien du satyagraha (résistance à l’oppression par la désobéissance civile de masse), théorie fondée sur l’ahimsa, qui a contribué à conduire l’Inde à l’indépendance.

LE COURAGE DE LA NON-VIOLENCE : NOUVEAU PARCOURS PHILOSOPHIQUE

L’intuition forte de cet essai, c’est que la non-violence, à la fois une philosophie qui donne sens à l’existence et une stratégie permettant l’efficacité dans l’action, offre l’espérance de défier la déraison de ce monde et de briser la fatalité de la violence qui semble peser aussi bien sur notre vie quotidienne que sur l’histoire des peuples. Face à la violence aveugle, Jean-Marie Muller propose un vrai livre de philosophie active et pratique. Une pensée à l’opposé de tout dogmatisme. Une invitation à découvrir une sagesse et une transcendance qui ouvrent à l’universel.

Les Éditions du Relié, Paris, 2008
Jean-Marie Muller, philosophe français, directeur d’études à l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits et membre fondateur du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente).

LE DÉCHAÎNEMENT DU MONDE

Le monde est déchaîné. La violence n’y a pas reculé, comme le pensent certains. Elle a changé de formes, et de logique, moins visible, plus constante : on est passé de l’esclavage au burn-out, des déportations à l’errance chronique, du tabassage entre collégiens à leur humiliation sur les réseaux sociaux, du pillage des colonies aux lois expropriant les plus pauvres… L’oppression sexuelle et la destruction écologique, elles, se sont aggravées. Plutôt qu’enrayée, la violence a été prohibée, d’un côté, pour « pacifier » policièrement les sociétés, et systématisée de l’autre, à même nos subjectivités et nos institutions : par la logique comptable, sa dynamique sacrificielle, par la guerre normalisée, la rivalité générale et, de plus en plus, les nouvelles images. Si bien qu’on est à la fois hypersensibles à la violence interpersonnelle et indifférents à la violence de masse. Dans le désastre néolibéral, le mensonge de l’abondance et la stimulation de nos forces de vie ont fait de nous des sauvages d’un genre neuf, frustrés et à cran, et non les citoyens affables que la « civilisation » voulait former. Pour sortir de ce circuit infernal, et de l’impuissance collective, de nouvelles luttes d’émancipation, encore minoritaires, détournent ces flux mortifères d’énergie sociale. 

Editions la Découverte, Paris, 2018
François Cusset est historien des idées, professeur à l’université de Paris-Ouest Nanterre, et l’auteur de nombreux ouvrages remarqués

LE PÈLERINAGE AUX SOURCES

Celui que Gandhi appellera Shantidas, c’est-à-dire Serviteur-de-Paix, quitte son Europe natale pour se rendre en pèlerinage aux sources du Gange. Que cherche-t-il à gagner dans ce voyage lointain ? « Cette distance qui fait que le regard s’aiguise et qu’on voit clair… cette clarté qui a nom détachement. » En un mot, la sagesse. Mais au bout de trois jours passés auprès du Maharshi Ramana, il comprend que la sérénité parfaite ne suffit pas à son exigence intérieure. « Je tiens que charité vaut mieux encore que sagesse. C’est pour ces raisons que je me rendrai à Wharda chez Gandhi. Oui, pour y apprendre à devenir meilleur chrétien». De Ceylan à Wharda, du Gange à Port-Saïd, Lanza del Vasto nous entraîne à sa suite dans ce pèlerinage passionné, où l’humour a sa place. 

Gallimard, Paris, 1972
Lanza del Vasto (1901-1981), philosophe italien et disciple chrétien de Gandhi, fondateur des Communautés de L’Arche, il s’est concentré sur la vie intérieure et la non-violence active. Écrivain et poète francophone, il était aussi sculpteur, dessinateur et musicien. En tant que conférencier international, il a participé à de nombreuses actions en faveur de la paix. 

LE ROYAUME DES CIEUX EST EN VOUS

Le royaume des cieux est en vous m’a submergé. Il m’a marqué pour toujours“. Gandhi a défini ainsi cet ouvrage controversé, par lequel Tolstoï sera reconnu non seulement comme un génie littéraire, mais aussi comme un penseur qui a influencé les mouvements pacifistes à travers le monde. Dans ce texte, Tolstoï, pour qui la non résistance est l’essence du christianisme, montre comment l’Église a perverti les enseignements de Jésus et a permis de concilier deux concepts totalement incompatibles : la violence et la religion. L’écrivain russe rejette tous les épisodes liés aux miracles que l’on trouve dans le Nouveau Testament, parce qu’il considère que ces miracles ne sont rien d’autre que des ajouts ultérieurs, reflet du fait que les hommes n’ont pas compris la puissance de la doctrine du Christ et ont eu recours à toutes sortes de miracles magiques pour justifier sa divinité. 

Éditions Le Passager Clandestin, Lyon, 2010
León Tolstói (1828-1910), écrivain russe et maître de la pensée de la non-violence, dont le génie littéraire est universellement reconnu. À la fin du XXe siècle, plusieurs courants philosophiques ont prétendu en être les héritiers en raison de leurs critiques à l’égard des églises, du patriotisme et des injustices économiques.

LES SENTIMENTS HOSTILES

Un sujet étrange que vous avez choisi, M. Kolnai” aurait dit Edmund Husserl lorsqu’il eut pour la première fois en mains le texte d’Aurel Kolnai sur le dégoût, qui, avec l’orgueil et la haine, sont les trois essais que l’auteur a écrits sur les sentiments hostiles, entre 1929 et 1935. Malgré leur disparité, ces trois émotions dénotent toutes la défense et le rejet du monde. Kolnai nous permet, à travers eux, de comprendre la fragilité et l’imperfection comme un problème éthique. Cet essai est un exercice prodigieux d’approche philosophique et phénoménologique des sentiments hostiles.

Éditions Circé, Belval, 2015
Aurel Kolnaï (1900-1973), philosophe et phénoménologue hongrois inspiré par la pensée de Frantz Brentano, fut l’élève d’Edmund Husserl. Penseur extraordinairement polyvalent, il était capable d’écrire dans cinq langues différentes, sur des courants philosophiques différents et dans des environnements intellectuels très différents. 

NON-VIOLENCE : COMBATS D’HIER ET DE DEMAIN

Non-violence et traits culturels et identitaires dans le monde globalisé du XXIème siècle.
La frêle silhouette de Gandhi, la haute stature du pasteur Martin Luther King ou les bras ouverts de Nelson Mandela, rendu à la liberté après vingt-sept ans de prison, font partie de la grande geste de l’humanité, gravée dans tous les esprits à travers le monde. Trois hommes qui ont en commun d’avoir entraîné le peuple dans une lutte victorieuse, sans armes et sans violence. En ce début du XXIe siècle, ensanglanté par le terrorisme et des guerres atroces, la « non-violence » n’est-elle plus qu’une image d’Épinal ? Huit auteurs explorent ici l’histoire contemporaine à travers les luttes non-violentes.

L’Harmattan, 2017
Madhu Benoit, professeur émérite, est spécialiste de la civilisation britannique, de l’histoire des idées et des études indiennes. Elle a notamment écrit un ouvrage sur William Jones et une thèse sur le poète Shelley. Jean-Pierre Benoit, journaliste retraité de l’Agence France Presse, ancien directeur régional et rédacteur en chef adjoint, a effectué de nombreux séjours en Inde dont il a suivi l’évolution politique.

PETIT TRAITÉ DE DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Ce livre dresse un état des lieux complet de la désobéissance civile, des origines à nos jours. Tout est passé en revue : théories, pratiques, méthodes, débats, enjeux et perspectives. L’auteur fait le point sur les notions essentielles de toute société humaine (la morale, la violence, la légitimité, le droit, la loi…). Ce livre, pour la première fois, donne la parole aux acteurs de la désobéissance, pour comprendre en quoi consiste cette nouvelle forme de résistance politique. Une véritable petite anthologie.

Res publica éditions, 2010
Chloé di Cinto s’engage en 1996 dans le Réseau Sortir du nucléaire, participa à l’ouvrage “Eloge de la Désobéissance civile” (Alternatives Non-Violentes, 2007), en 2002, elle rédige un mémoire de maîtrise : “Désobéissance civile et non-violence” et se consacre ensuite à l’éducation alternative (gestion des conflits, pratiques coopératives, théâtre forum…) et dirige la revue “Eduquer Autrement” de 2003 à 2008. Membre du bureau de l’association “Altern’Educ” depuis 2004, elle fonde en 2009, l’association “Envies Enjeux” : animation et formation en pédagogie alternative.

PILIERS POUR UNE CULTURE DE LA NON-VIOLENCE

Depuis des siècles la violence est acceptée, encouragée et même objet de référence dans la plupart des cultures. Certaines violences séculaires sont en cours d’endiguement, de nouvelles formes de violence voient le jour, telles que celles liées à la mondialisation galopante. Comment alors parler de bâtir une culture de la non-violence ? Est-ce une utopie irréalisable ?

L’Harmattan, 2001
Alain Richard, Sciences Humaines

PRÉHISTOIRE DE LA VIOLENCE ET DE LA GUERRE

L’Homme a-t-il toujours été violent ? La guerre est-elle consubstantielle au genre humain ou est-elle inhérente à la construction des sociétés modernes ? Nourri par les recherches scientifiques, le débat sur le pourquoi de la violence n’en finit pas de rebondir. Il donne à la querelle qui opposait Rousseau (le « bon sauvage ») à Hobbes (« l’homme est un loup pour l’homme ») une actualité toute nouvelle. Pour en finir avec les approches caricaturales, Marylène Patou-Mathis propose avec ce livre une vaste enquête qui croise les données de l’archéologie et de l’anthropologie. Explorant les raisons qui ont transformé les chasseurs-cueilleurs en sociétés guerrières – sédentarisation et changement d’économie, avènement du patriarcat, apparition des castes –, elle pointe aussi le rôle des croyances et met en évidence l’existence d’une violence antérieure à l’apparition de la guerre. Ainsi se dessine peu à peu le portrait d’un homme préhistorique, dont la violence exprime surtout ses peurs et ses premières pensées existentielles : humain, trop humain.

Odile Jacob, 2013
Marylène Patou-Mathis est l’auteure de plusieurs ouvrages de préhistoire qui font autorité. Elle est docteur en préhistoire, directrice de recherche au CNRS et vice-présidente du conseil scientifique du Muséum national d’histoire naturelle. Elle a également été commissaire de la grande exposition Au temps des mammouths au Muséum et conseiller scientifique du film AO. Le dernier Néandertal. 

UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTÉ

Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC. Dès lors, à travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Document majeur sur un des grands bouleversements de la fin du xxe siècle, ce livre est aussi le témoignage d’un combat exemplaire pour la dignité humaine.

Le livre de poche, Paris, 1996
Nelson Mandela (1918-2013), avocat, il s’engage dans la lutte contre l’apartheid. Il est arrêté en 1962, à 44 ans. Il ne sera libéré que 27 ans plus tard, en 1990. En 1993, il reçoit le Prix Nobel de la Paix et devient, l’année suivante, à 77 ans, le premier président démocratiquement élu de l’Histoire de l’Afrique du Sud. Il crée la Commission de la vérité et de la réconciliation, présidée par l’archevêque anglican et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu.

UNE NOUVELLE CONSCIENCE POUR UN MONDE EN CRISE. VERS UNE CIVILISATION DE L’EMPATHIE

Jeremy Rifkin propose une lecture fascinante de l’histoire de l’humanité dans une perspective sociale et altruiste. Avec un constat : jamais le monde n’a paru si totalement unifié et aussi sauvagement déchiré qu’aujourd’hui. Quels que soient nos efforts intellectuels face aux défis d’une mondialisation accélérée, nous ne sommes pas à la hauteur : l’espèce humaine semble incapable de concentrer vraiment ses ressources mentales collectives pour “penser globalement et agir localement“. Ce livre montre que cette déconnexion entre notre vision pour la planète et notre aptitude à la concrétiser s’explique par l’état actuel de la conscience humaine. Nos cerveaux, nos structures mentales, nous prédisposent à une façon de ressentir, de penser et d’agir dans le monde qui n’est plus adaptée aux nouveaux contextes que nous nous sommes créés. L’humanité, soutient Rifkin, se trouve à l’aube d’une étape cruciale. Tout indique que les anciennes formes de conscience religieuses ou rationalistes, soumises à trop forte pression, deviennent dépassées et même dangereuses dans leurs efforts pour piloter un monde qui leur échappe de plus en plus. L’émergence d’une conscience biosphérique et ses conséquences sur notre manière d’appréhender différemment la société, l’économie ou l’environnement sera probablement un changement d’avenir aussi gigantesque et profond que lorsque les philosophes des Lumières ont renversé la conscience fondée sur la foi par le canon de la raison. En retraçant la grande fresque des mutations de notre civilisation, dont le moteur principal est la conscience altruiste de l’être humain, Jeremy Rifkin dévoile des fils conducteurs restés ignorés jusqu’ici. Ces “pages blanches” de l’histoire ainsi mises en lumière nous permettront d’élargir notre conscience afin de relever les défis des décennies à venir.

Actes Sud, Arles, 2012
Jeremy Rifkin, économiste, prospectiviste, essayiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique. Son travail, basé sur une veille et une réflexion prospectives, a surtout porté sur l’exploration des potentialités scientifiques et techniques nouvelles, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques.

VIOLENCE : SIX REFLEXIONS TRANSVERSALES

Slavoj Zizek, l’une des icônes philosophiques de la contemporanéité, offre des clés pour interpréter la violence. La violence apparaît partout et nous ne pouvons toujours pas l’expliquer ou l’assumer. La prémisse provocatrice du philosophe Slavoj Zizek est que ce que nous voyons est produit par une violence cachée : la même violence qui soutient notre système politique et économique. Ce n’est peut-être pas évident, mais pour Zizek, c’est la clé pour comprendre ce qui, autrement, semble être une explosion de violence irrationnelle. Dans cet appel passionné à la prise de conscience, Zizek regarde sans relâche les démocraties dans lesquelles nous vivons, gouvernées par un impératif économique, et explore les régimes totalitaires sanglants du siècle dernier et la violence dite “divine”.

Au Diable Vauvert édition, Vauvert, 2012
Slavoj Zizek, philosophe marxiste slovène, engagé dans les mouvements alternatifs slovènes, il s’est présenté en 1990 comme candidat du parti Démocratie libérale slovène à la première élection présidentielle libre qui a précédé l’indépendance de son pays en 1991.

VIOLENCE, CONSCIENCE, NON-VIOLENCE

L’auteur témoigne et analyse les a priori et les croyances qui permettent de justifier et de légitimer la violence. L’intervention de la conscience permet d’aller à la racine de sa propre violence, engage à résister à ses différentes formes d’expression dans la société et incite à faire le choix de la non-violence qui est : une puissante énergie mentale nourrie par la générosité du cœur, un cri de tendresse cohérent et efficace, le David qui se réveille en soi face au Goliath qui s’agite en soi, une intention consciente aux antipodes de l’homme irréfléchi et destructeur ; la non-violence c’est l’espoir, la non-violence c’est la vie.

Sous le patronage de la Commission
nationale française pour l’UNESCO
Éditions L’Harmattan, Paris, 2016
Philippe MOAL, membre du Centre d’Études Humanistes Noesis (Barcelone), termine des études en Sciences de l’Éducation à l’Université Paris VIII lorsqu’il rencontre le courant humaniste universaliste et la non-violence devient alors l’un de ses axes de vie. Depuis les années 80, il développe la non-violence active en France, en Roumanie et au Bénin, puis au Chili et en Espagne. Actuellement il se dédie à la recherche et à l’écriture et donne des conférences.

xxx COMMENT LA NON-VIOLENCE PROTÈGE L’ÉTAT : ESSAI SUR L’INEFFICACITÉ DES MOUVEMENTS SOCIAUX

Parlons franchement, au vu de la situation, la grande majorité des mouvements sociaux et écologistes échouent lamentablement, depuis des décennies, ne serait-ce qu’à freiner la catastrophe sociale et écologique en cours (de la sixième extinction de masse aux inégalités économiques phénoménales et croissantes qui caractérisent notre temps). La plupart de ces mouvements se targuent de respecter scrupuleusement les principes de la non-violence, qu’ils considèrent comme la seule méthode de lutte acceptable. Et pourtant, ainsi que Peter Gelderloos l’expose brillamment dans ce livre, cette adhérence dogmatique au concept de la non-violence est injustifiée et injustifiable. En outre, il s’agit d’une des principales raisons pour lesquelles ils sont inefficaces…

Éditions libre, 2018
Peter Gelderloos, philosophe libertaire, activiste et théoricien anarchiste.
NOTE DE L’OBSERVATOIRE : nous sommes en accord avec Peter Gelderloos quant à la nécessité de changer radicalement le système de société actuel, mais en désaccord avec ses interprétations, ses analyses et sa vision de la lutte non-violente. Ses arguments sont en outre peu convaincants et l’empreinte de son idéologie ressort tout au long du livre où l’on note un certain agacement devant la montée d’une force non-violente sur toute la planète.
Nous renvoyons à un extrait du chapitre Répondre à la violence par la violence (p. 106 à 109) de l’ouvrage Violence, conscience, non-violence. Extrait de la p. 109 : …Certains partisans de la lutte antisystème insinuent, avec mauvaise foi, que la non-violence, par sa soi-disant inaction, collabore avec les pouvoirs dits répressifs et qu’elle est naïve et inefficace. Cependant, que constatons-nous ? Par la violence, en mettant de l’huile sur le feu, on renforce ces pouvoirs qui peuvent ainsi justifier leur contre-réaction violente et augmenter leur répression, devenue alors légitime. N’est-ce pas là de la collaboration ? Dénoncer la violence en l’utilisant à son tour est un contresens qui doit, de plus, produire une profonde contradiction interne chez celui qui l’exerce. “Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu plonges longuement ton regard dans l’abîme, l’abîme finit par ancrer son regard en toi” disait Nietzsche. Face au constat d’impuissance à obtenir des résultats, la violence est souvent un acte désespéré ; l’ultime recours qui dévoile une consternante carence à imaginer des formes de lutte nouvelles, efficaces et constructives. J’ai vu fréquemment des militants, épris de justice, basculer dans la lutte violente, envahis par le dépit, le désespoir ou la rage. Le violent ne dévalorise-t-il pas la non-violence par projection de son propre problème ? Ce faisant, ce ne serait pas la non-violence qu’il critique, mais bien l’inefficacité de sa violence. “La violence est le dernier refuge de l’incompétence” disait Isaac Asimov…

xxx LA PART D’ANGE EN NOUS “HISTOIRE DE LA VIOLENCE ET DE SON DECLIN”

L’épopée de l’humanité racontée par un des plus grands scientifiques mondiaux : un livre majeur, qui redonne foi en notre espèce. Aussi incroyable que cela paraisse, nous vivons l’époque la moins violente et la plus paisible de toute l’histoire de l’humanité. S’appuyant sur des milliers d’études, plus de trente années de recherche et des statistiques incontestables, Steven Pinker montre que, malgré le terrorisme, malgré les conflits contemporains, la violence n’a cessé de diminuer dans le monde au cours des siècles. Ce livre au carrefour de la psychologie et de l’histoire a été traduit dans dix-sept pays et acclamé par les plus grandes universités du monde.

Editions les arènes, Paris, 2017
Steven Pinker est professeur de psychologie à l’Université Harvard, spécialisé dans la recherche sur la cognition et la psychologie du langage. En 2004, il a été désigné comme l’une des cent personnes les plus influentes par le magazine Time.
NOTE DE L’OBSERVATOIRE : malgré la quantité impressionnante d’informations livrées dans cet ouvrage et étant donné la référence qu’il représente aujourd’hui dans la société, nous attirons l’attention sur le recul qu’il est nécessaire d’adopter à sa lecture. Voici quelques éléments qui ont attiré notre attention : le livre est essentiellement axé sur la violence physique, les données et les arguments sur la violence de nos ancêtres sont faibles et peu convaincants, les nombreuses analyses statistiques sur lesquelles repose essentiellement l’ouvrage donnent souvent lieu à des interprétations dépourvues de contexte, notamment socioculturel, l’oubli significatif de la plus grande des sources de souffrance du monde actuel, à savoir la violence économique enlève toute crédibilité à l’idée que le monde est moins violent qu’hier. Nous allons davantage dans le sens de l’historien François Cusset qui dans son récent ouvrage “Le déchaînement du monde” présente la violence comme ayant changé de visage.