Par Cécile Lavergne et Anton Perdoncin,
Éditeur : ENS Éditions – http://traces.revues.org – http://www.revues.org
« Décrire la violence » est un impératif paradoxal à plus d’un titre. D’abord parce que, comme l’affirme Daniel Cefaï, « l’activité de décrire reste paradoxalement la plus difficile à cerner, alors même qu’elle est au cœur de la démarche ethnographique. Elle est souvent le parent pauvre des cours de méthodologie où, de façon générale, le statut des données est peu interrogé pour lui-même » (Cefaï, 2010, p. 12). Ensuite parce qu’à première vue, on ne décrit pas la violence, mais toujours des violences singulières ou situées (un combat, un massacre, une altercation, un viol, etc.), des types de violences (violences féminines, violences politiques, etc.), ou encore des structures ou des institutions violentes (la prison, par exemple). Adopter cet impératif de la description, c’est interroger une multiplicité de formes de violences, à différentes échelles, au travers de disciplines variées (histoire, sociologie, anthropologie, philosophie, sciences politiques), et à partir de sources et de terrains divers. Les apories définitionnelles du concept de violence sont alors, provisoirement du moins, laissées de côté, ainsi que, définitivement en ce cas, les discours totalisants, métaphysiques ou naturalistes sur la violence. Impératif descriptif paradoxal, enfin, tant la violence semble être l’archétype de l’objet insaisissable contre lequel tout effort de compréhension rationnelle s’épuiserait sans cesse.
Épistémologie de la description de la violence
Décrire, c’est expliquer
Décrire, qualifier et catégoriser
Les sources de la violence
(D)écrire et représenter la violence
Dégoût, déréalisation, moralisation
Figurations de la violence
Décrire par l’image ?
Esthétisations risquées
Violence et critique politique
Mettre l’ordre social à la question
Visibilisation de la violence et subversion politique
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