16 novembre 2019

De la réconciliation

2019-11-19T19:54:06+01:0016 novembre 2019|Points de vue|

Claude SERILLON
16/11/2019

Un excellent confrère de la télévision suisse Darius Rochebin se permettait de nous interpeller cette semaine sur un plateau de télévision à Paris quant au degré de haine et de propos violents qu’il constatait en France. Cette adresse est pertinente. Il suffit de s’enfermer quelques heures devant un écran ou une tablette pour en sortir épuisé et effrayé par la succession d’anathèmes, de dénonciations, de propos virulents bien au-delà de la simple opposition d’idées. Les conflits paraissent se multiplier et en annoncer d’autres. Les quelques personnalités qui tentent de faire entendre une voix de compromis, une nécessité de s’écouter sont, très vite, médiatiquement balayées par les ardeurs extrêmes. Dans un bel ouvrage intitulé Dictionnaire enjoué des cultures africaines (Fayard) le lecteur retrouvera un joli mot : « la réconciliation ». En son temps, Mandela imposa celle-ci à une nation gravement meurtrie. Lire l’article publié sur le site La montagne

30 octobre 2019

La défense non-violente de la Tchécoslovaquie contre l’occupation soviétique en 1968

2019-10-31T12:19:00+01:0030 octobre 2019|Points de vue|

Peter BU
30/10/2019

Tout le monde croit que les Tchèques et Slovaques ont perdu la guerre, engagée contre eux en août 1968 par l’Union Soviétique et ses alliées contraints, mais est-ce si sûr?
La direction de l’Union soviétique s’inquiétait de l’évolution politique et économique de la Tchécoslovaquie pendant le   Printemps de Prague qui a fleuri l’ensemble du pays pendant les huit premiers mois de l’année 1968. Pourtant, Alexander Dubček, Premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque, affirmait, comme il le rappelle dans ses mémoires, que « “ni mes alliés ni moi-même n’avions jamais envisagé le démantèlement du socialisme, même si nous nous séparions de divers dogmes du léninisme. Nous croyions encore en un socialisme indissociable de la démocratie parce que son principe essentiel était la justice sociale. Nous pensions aussi qu’il fonctionnerait mieux dans un environnement orienté vers le marché, en incorporant des éléments significatifs de l’entreprise privée.” Lire l’article publié sur le site Médiapart

29 octobre 2019

Apprendre à résister à la violence intérieure et extérieure à soi-même

2019-10-30T22:10:16+01:0029 octobre 2019|Points de vue|

Fernando MONTALBÁN
29/10/2019

Résister à la violence que l’on a en soi est possible si nous y sommes attentifs. Quand nous comprenons comment elle nous touche ou peut nous toucher, alors nous choisissons la manière d’y répondre. S’il n’y a pas de prise en compte, il n’y a pas de choix, c’est alors ma propre mémoire qui me dicte comment réagir. Il ne s’agit pas d’endurer, de tolérer ou de se résigner puisque ces concepts impliquent une attitude de défaite devant les difficultés. Résister ne signifie pas se défendre ou se protéger. Ces attitudes font que tout ou tard, nous réagirons avec une certaine violence. On parle dernièrement beaucoup des gens toxiques, et du besoin de s’en éloigner. Mais cela ne résout rien, au contraire, cela nous rend plus faible. De combien de personnes toxiques finirons-nous par nous éloigner ? Et si nous étions nous-mêmes des personnes toxiques, comment fuir ? Cette réaction fait peu sens et nous coupe des gens qui nous entourent. Le problème avec des personnes soit-disant toxiques est celui d’un système de valeur dans lequel ces personnes restent sous un seuil pour tout : argent, patrie, drapeau, banque, travail… Si nous craignons tant ce que l’autre peut nous faire subir, nous devrions comprendre que si nous ne sommes pas attentifs, tout peut nous arriver. Et si au contraire nous nous préparons à être plus attentifs que nécessaire, plusieurs options se présentent et nous avons le choix. Mais, que se passe-t-il avec la violence qui m’est extérieure ? Lire l’article publié sur le site Pressenza

23 octobre 2019

“Résistance civile non-violente” et destruction de la démocratie

2019-10-31T12:20:58+01:0023 octobre 2019|Points de vue|

Yves MICHAUD
23/10/2019

La résistance civile non-violente a été longtemps considérée comme un mode d’action politique éminemment respectable de la part de citoyens niés ou de personnes humiliées. L’exemple de référence était celui du mouvement de libération conduit par Gandhi en Inde dans les années 1920 contre la puissance coloniale britannique. La désobéissance civile avait pour elle d’éviter le piège de la violence qui finit toujours par contaminer ceux qui la pratiquent et de promouvoir une relation au pouvoir et à la politique engageant un rapport autre à l’existence, aux autres et à  la nature. Lire l’article publié sur le site Atlantico

22 octobre 2019

Une explosion sociale résultat d’un système absolument violent et inhumain

2019-11-05T13:39:49+01:0022 octobre 2019|Points de vue|

Tomás HIRSCH
22/10/2019

Les humanistes et le moment actuel. Liban, Catalogne, France, Équateur, Hong-Kong, Colombie, Irak, Guinée, Indonésie, Haïti, Égypte, Algérie, Tunisie… et maintenant le Chili. Partout un ras-le-bol d’une « démocrature », d’un système qui est en train d’exploser. Pressenza présente le point de vue du député humaniste chilien du Frente amplio, Tomas Hirsch, sur ce qui se passe au Chili et dans le monde, accompagné des images des mobilisations des journées du 19 et 20 octobre à Santiago du Chili. Lire le point de vue publié sur le site Pressenza

20 octobre 2019

Comment Léon Tolstoï a inspiré Gandhi

2019-10-26T13:59:33+01:0020 octobre 2019|Points de vue|

Ksenia ZOUBATCHEVA
20/10/2019

Ces deux grands esprits de l’histoire de l’humanité – l’Indien Mahatma Gandhi et le Russe Léon Tolstoï – ne se sont jamais rencontrés. Toutefois, une année durant, ils ont échangé des lettres et l’importance de cette correspondance ne doit pas être sous-estimée. « Plus grand apôtre de la non-violence que notre époque ait connu », « grand maître que j’ai longtemps considéré comme l’un de mes guides » : voici que quelques exemples de la manière dont Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948) qualifiait Léon Tolstoï (1847-1910). Nés dans deux pays différents, ces deux hommes qui entreraient dans l’histoire comme des incarnations de la grandeur de l’esprit humain appartenaient à des générations différentes. Jeune et encore inconnu, Gandhi lisait les œuvres d’un Tolstoï déjà célèbre y puisant de la sagesse. Lire l’article publié sur le site Russia Beyond

15 octobre 2019

“Notre pays ne répond pas correctement à la problématique de la violence conjugale”

2019-10-18T12:55:05+01:0015 octobre 2019|Points de vue|

Vinciane DESSY
15/10/2019

Médecin à la Maison médicale La Glaise à Marchienne au Pont, Vinciane Dessy s’entretient avec Gauthier De Bock du Site Moustique.
La violence conjugale, elle la voit, elle la constate, même… Il y a les chiffres. En Belgique, une enquête montrait en 2010 qu’une femme sur vingt âgée de 18 à 75 ans avait vécu – sur les 12 derniers mois – des situations de violences conjugales très graves. En 2015, une étude réalisée en Région Bruxelles Capitale montrait que 25% des femmes interrogées avait subi au cours de leur vie des violences physiques, 10% des violences sexuelles et 50% des violences psychologiques. Ou encore  : en 2017, il y a eu, chez nous, 40 féminicides. L’année dernière 37. Cette année, nous en sommes à 19. Derrière ces chiffres, il y a la réalité. Celle, par exemple, du Dr Dessy. Lire l’entretien publié sur le site Moustique

3 octobre 2019

Gandhi : violence ou lâcheté ?

2019-10-03T16:54:39+01:003 octobre 2019|Points de vue|

Jean-François BERNARDINI
03/10/2019

Suite aux évènements meurtriers qui interpellent nos consciences à toutes et tous, la presse s’est faite l’écho de diverses réactions et prises de parole. Une citation attribuée à Gandhi: « En dernier recours, je préfère la violence à la lâcheté » a été mentionnée et largement évoquée sur les réseaux. En la circonstance, les mots sont lourds de sens. Ils méritent quelques remarques. – Il serait en effet dangereux de se méprendre. Voici la citation exacte et complète de Gandhi. * « Je crois vraiment, affirme-t-il en 1920, que là où il n’y a que le choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. […] C’est pourquoi je préconise à ceux qui croient à la violence d’apprendre le maniement des armes. Je préférerais que l’Inde eût recours aux armes pour défendre son honneur plutôt que de la voir, par lâcheté, devenir ou rester l’impuissant témoin de son propre déshonneur. Mais je crois que la non-violence est infiniment supérieure à la violence. […] Le véritable courage de l’homme fort, c’est de résister au mal et de combattre l’injustice en prenant le risque de mourir pour ne pas tuer, plutôt que celui de tuer pour ne pas mourir. Le plus grand courage, c’est de résister au mal en refusant d’imiter le méchant. » En résumé, Gandhi préfère la violence à la lâcheté – mais il rajoute: Je crois que la non-violence est infiniment plus efficace que la violence.

Est-il nécessaire de préciser ici que la non-violence ne se limite pas à un simple refus de la violence, et que ses premiers ennemis restent l’injustice et le mensonge ? Dans ses écrits, le philosophe Jean-Marie Muller** nous éclaire sur la question: “On a souvent voulu faire dire à Gandhi ce qu’il ne dit pas. Il nous conseille de choisir la non-violence, pour n’être ni violent ni lâche. En définitive, il conseille aux lâches et aux violents d’opter pour la non-violence, de mener un combat efficace et d’être un peu plus exigeant. L’apport décisif de Gandhi est de nous sortir du piège où nous n’aurions le choix qu’entre la lâcheté et la violence. Cette idéologie exerce un véritable chantage sur nos consciences : si nous n’acceptons pas d’être violents, c’est que nous serions des lâches. Cependant, il reste vrai que celui qui surmonte sa peur en risquant sa vie pour combattre l’injustice, fût-ce par les moyens de la violence, est en effet courageux. Mais Gandhi se garde bien d’affirmer que la violence, même si elle sert une fin juste, deviendrait un moyen juste. S’adressant à un interlocuteur qui affirme que « tous les moyens sont bons », y compris ceux de la violence, pour atteindre une fin juste, Gandhi affirme : « Vous faites une grande erreur en croyant qu’il n’y a pas de rapport entre les moyens et la fin. Votre raisonnement est le même que celui qui consisterait à dire que nous pouvons obtenir une rose en plantant une mauvaise herbe.” La violence finit par offrir à l’adversaire tous les arguments dont il a besoin pour discréditer les combats les plus nobles. Ce qui nous enferme aujourd’hui, c‘est que nous n’avons aucune idée des mille méthodes de la non-violence active. Nous n’avons aucune idée de sa redoutable efficacité face à l‘injustice. Nous n’avons aucune idée de sa capacité à rassembler le peuple, à libérer les énergies, à créer la confiance. Nous avons trop peu l’expérience de sa fécondité à transformer durablement les réalités et les consciences. Cela ne s’improvise pas. Cela s’apprend. Voilà le défi. La non-violence, ce n’est pas renoncer à lutter. C’est lutter cent fois mieux. 

* Gandhi, The Collected Works of Mahatma Gandhi, Ahmedabad, The Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Government of India, 1965, Vol. 18, pp. 132-133.
**Jean-Marie Muller, Revue “Alternatives non-violentes” No 145

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