19 septembre 2020

Certaines émeutes peuvent être légitimes et justifiées

2020-09-21T11:36:03+02:0019 septembre 2020|Points de vue|

Hugo COSSETTE-LEFEBVRE
19/09/2020

Une émeute est le langage de ceux et celles que l’on n’entend pas. » Ces paroles, prononcées par Martin Luther King en 1968 à l’Ohio Northern University, résonnent fortement aujourd’hui alors que les États-Unis sont le théâtre d’un mouvement social dénonçant les inégalités raciales inédit depuis les années 1960. Des émeutes ont éclaté tout au long de l’été dans de nombreuses villes américaines, dont Portland, Seattle, Washington, Jacksonville, Boston et Minneapolis pour n’en nommer que quelques-unes. Depuis mai dernier, on recense environ 220 émeutes ou événements « violents »liés aux manifestations de Black Lives Matter qui s’ajoutent à près de 2400 manifestations pacifiques. Ce mouvement force les États-Unis ainsi que d’autres nations, dont le Québec et le Canada, à examiner leurs biais systémiques qui affectent profondément les membres de la communauté noire. Bien que ce mouvement soit massivement pacifique, 93 % des manifestations qui y sont liées s’étant déroulées sans activités destructrices ou « violentes », il a soulevé la question de savoir si les émeutes, ainsi que les dommages matériels et corporels qui les accompagnent, sont parfois justifiables en démocratie. Martin Luther King lui-même demeure ambigu sur cette question dans ses écrits et discours. S’il semble maintenir que les émeutes sont compréhensibles et excusables, comme l’illustre la citation en début de texte, il ne se prononce jamais explicitement sur la question de savoir si elles sont justifiables en démocratie. De surcroît, son insistance sur l’importance de la non-violence dans les mouvements sociaux pourrait laisser entendre que les émeutes et les violences qui les accompagnent devraient être critiquées. Lire l’article publié sur le site LeDevoir

10 septembre 2020

Action Civique Non-Violente

2020-09-15T03:25:05+02:0010 septembre 2020|Points de vue|

ACNV
10/09/2020

L’Action Civique Non-Violente est historiquement un regroupement créé en 1958 en France, pour s’opposer activement aux pratiques de la guerre d’Algérie, telles que les camps d’internement et la torture, et pour soutenir et organiser les réfractaires à l’armée. Dissout en septembre 1965, il se situe dans l’ensemble des forces en métropole notamment opposées à la guerre d’Algérie, pour des raisons multiples et variées. Que ce soit le réseau des porteurs de valises en soutien au FLN (Front de Libération Nationale), la campagne de presse menée notamment par le journal L’express ou l’activité d’une partie des parlementaires français opposée à la poursuite de l’aventure coloniale française, toutes les composantes de cette opposition dans la société civile et politique ont pesé pour l’abandon de “l’Algérie française”. Mais les effets de cette opposition ne se limite pas à la guerre d’Algérie, par exemple, l’ACNV est le point de départ de nombreuses activités et actions non-violentes touchant des thèmes plus généraux. Lire l’article publié sur le site Le conflit

8 septembre 2020

“Si la violence est là, c’est, aussi qu’elle est un marché”

2020-09-15T03:30:21+02:008 septembre 2020|Points de vue|

Jean-François BERNARDINI
08/09/2020

Au plan national, l’été a été émaillé de faits divers, particulièrement violents et très médiatisés. Interrogé sur le sujet, le ministre de l’Intérieur avait parlé « d’ensauvagement » de la société. Depuis, le vocable fait débat. Il oppose ministre de l’intérieur et ministre de la justice. On discute chiffres et pourcentages. En Corse, on se croyait à l’abri de ce genre de choses. Il n’en est rien. Selon les chiffres officiels, ce type de violences aurait augmenté de 140% en 20 ans. Dans la nuit du 5 au 6 septembre ce sont de jeunes étudiants arrivant à la fac de Corte qui en ont été victimes. La victime principale a 17 ans. Au début de l’été, une série d’agressions physiques est commise dans les rues d’Ajaccio. Les jeunes – dont des mineurs – seront interpellés, puis jugés le 29 août dernier. L’auteur principal a 20 ans. Il est en situation de récidive. Lire l’article publié sur le site Corse Net Infos

7 septembre 2020

Fins et moyens de l’action : une logique de la non-violence

2020-09-15T03:07:48+02:007 septembre 2020|Points de vue|

Jean-Marie MULLER
07/09/2020

“La recherche de l’efficacité dans l’action nous amène à considérer la non-violence comme un ensemble de moyens, non comme une fin en soi. Ces moyens doivent être jugés non pas seulement en fonction des mérites que leur attribuent la morale, la philosophie ou la spiritualité, mais également en fonction de leur efficacité, c’est-à-dire, de leur capacité à atteindre la fin recherchée. Le choix des moyens n’est pas plus important que le choix de la fin. Au contraire, il importe que la fin poursuivie par l’action soit juste. Le choix des moyens n’est que second par rapport au choix de la fin : il est second, mais il n’est pas secondaire. Les idéologies dominantes tentent de légitimer la violence en affirmant que “la fin justifie les moyens”, c’est-à-dire qu’un fin juste légitime des moyens injustes. Dire cela, c’est s’enfermer dans une contradiction intrinsèquement perverse. Qui veut la fin ne doit pas vouloir n’importe quels moyens, mais des moyens qui lui permettent d’atteindre effectivement la fin poursuivie. C’est précisément l’importance accordée à la fin d’une action qui amène à considérer comme essentiel le choix des moyens”. Lire l’article publié sur le site Le conflit

4 septembre 2020

“Nous devons sortir des logiques de rupture”

2020-09-15T02:57:23+02:004 septembre 2020|Points de vue|

Michel WIEVIORKA
04/09/2020

Pour le sociologue français, le phénomène terroriste doit pousser à mieux institutionnaliser les conflits qui fracturent nos sociétés. Alors que s’ouvrait cette semaine le procès des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, avec notamment deux Belges sur le banc des accusés, le sociologue français Michel Wieviorka (“Pour une démocratie de combat”, Robert Laffont, 2020) appelle à mieux penser l’intégration des conflits dans la démocratie. Lire l’article publié sur le site L’Echo

23 août 2020

La non-violence : une nouvelle définition

2020-09-02T10:53:28+02:0023 août 2020|Points de vue|

Alain REFALO
23/08/2020

La non-violence est à la fois un principe éthique et une méthode d’action qui portent un projet de transformation sociale et politique. Elle est fondée sur le respect de la vie, la délégitimation de la violence et la cohérence entre la fin et les moyens. Elle vise à pacifier les relations humaines, à résoudre positivement les conflits de la cité et à construire une société plus juste et plus fraternelle, sans jamais recourir à la violence. Elle est indissociablement une philosophie et une stratégie, une sagesse pratique et une technique de résistance. Elle n’est pas une idéologie, ni un dogme, mais une recherche et un chemin pour s’efforcer de concilier l’exigence morale avec le réalisme politique. La non-violence se situe donc sur deux registres aux objectifs bien distincts. « En tant que principe philosophique, la non-violence est une requête de sens, en tant que méthode d’action, elle est une recherche d’efficacité ». (Muller, 2005). La « pertinence universelle du principe de non-violence » a été explicitement affirmée en 2007 par l’ONU dans sa résolution (61/271) décidant de célébrer chaque année, le 2 octobre, « la journée internationale de la non-violence ». Lire l’article publié sur le blog AlainRefalo

19 août 2020

Du démantèlement des structures du racisme à la guérison des cœurs

2020-09-02T10:04:40+02:0019 août 2020|Points de vue|

Michael NAGLER
19/08/2020

L’enseignement du mouvement des droits civiques et ses dirigeants indiquent une importante approche double pour mettre fin à l’abomination du racisme. J’ai vécu récemment l’expérience gratifiante d’un entretien avec le dirigeant des droits civiques et formateur en non-violence kingienne Bernard Lafayette pour un film sur la non-violence. Il m’a narré une histoire que je n’oublierai jamais. Après que John Lewis et d’autres avaient réussi – non sans de grands problèmes et en courant de grands risques – à s’installer à un comptoir de dîner à Nashville, il a demandé à son ami et « architecte du mouvement des droits civiques », Jim Lawson, « Pourquoi ne pas s’imposer dans les autres services ségrégationnistes de la ville ? », la réponse de Lawson lui a enseigné une leçon des plus profondes. « Non Bernard, nous avons accompli le premier pas. Maintenant laissons-les faire le reste. » Pourquoi ? Parce que « Quel était l’objectif ? », a demandé Lawson. Pas de s’imposer dans quelques comptoirs de restaurants. L’objectif était de « changer les esprits et les cœurs » des gens qui maintenaient la ségrégation. « Et seul l’amour peut accomplir cela. Et c’est le pouvoir de la non-violence. ». Lire l’article publié sur le site Pressenza

14 août 2020

Peut-on dire qu’il y a de plus en plus de violences en France depuis trente ans ?

2020-08-23T01:40:39+02:0014 août 2020|Points de vue|

Fabien LEBOUCQ
14/08/2020

S’il est tentant de ne regarder que l’évolution des violences enregistrées par les forces de l’ordre, la plupart des spécialistes préfèrent s’intéresser, sur le temps long, aux enquêtes de victimation. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de continuité statistique. Lire l’article publié sur le site Libération

6 août 2020

On supporte mal la violence, on s’accommode des incivilités

2020-08-22T20:39:40+02:006 août 2020|Points de vue|

Hugues LAGRANGE
06/08/2020

Le sociologue, auteur d’ouvrages remarqués, a notamment travaillé sur les questions relatives à la délinquance. Directeur de recherche émérite au CNRS, Hugues Lagrange a notamment publié “Demandes de sécurité” (Seuil, 2003), “Le Déni des cultures” (Seuil 2010) et “Les Maladies du bonheur” (PUF, 2020). Lire l’article publié sur le site Le Figaro

20 juillet 2020

Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) : l’avant et l’après

2020-07-23T11:46:58+02:0020 juillet 2020|Points de vue|

Luigi MOSCA
20/07/2020

Nous sommes le 7 juillet 2017 et, vers 11 heures, à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le résultat du vote pour l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) (*) apparaît sur le grand écran : 122 voix pour, 1 voix contre, 1 abstention ; l’émotion des personnes présentes – diplomates mais aussi nombreux militants de la société civile – est grande… c’est en effet une victoire importante de la « démocratie planétaire » face aux intimidations, voire parfois au chantage d’une oligarchie de grandes puissances ! Ayant pu participer aux travaux de la Conférence avec les amis Alfonso Navarra de « Disarmisti Esigenti », Giovanna Pagani de WILPF-Italie, ainsi que Jean-Marie Collin, co-président d’ICAN-France, et nombre d’autres, nous avons également pu participer, avec le grand groupe d’autres militants partenaires d’ICAN rassemblés du monde entier, à la grande satisfaction de ce résultat historique. Comment a-t-il été possible d’atteindre un tel résultat, qui quelques années auparavant semblait un rêve même pour les plus optimistes des experts et des militants ? Que s’est-il passé depuis lors au cours de ces trois années ? Et quels pourraient être les développements futurs ? Essayons d’y aller dans l’ordre : … Lire l’article publié sur le site Pressenza