21 novembre 2020

Terreur et non-violence, Rolland, Gandhi et la philosophie de l’ahimsa

2020-11-21T23:24:34+01:0021 novembre 2020|Points de vue|

Roger DADOUN
02/12/2006

En situant le principe de non-violence (ahimsa) au coeur de la pratique et de la pensée de Gandhi, Romain Rolland reste fidèle aux propos du Mahatma, qui écrivait : « La non-violence est mon premier article de foi. C’est aussi le dernier article de mon credo ». Comme Gandhi, Rolland s’efforce d’écarter de cette notion l’image de négativité que donne inévitablement le « a » privatif de « ahimsa », le « non » de « non-violence ». Et il se préoccupe d’en marquer le pouvoir énergétique, qui correspond si bien à sa propre inspiration : « Tout est Énergie dans mon art, ma pensée et mon être. Et tout est passion de l’Énergie », écrivait-il en 1928, immédiatement après avoir évoqué la « non-violence de Gandhi », la « non-acceptation héroïque ». S’il y a, le long de l’axe de la non-violence, un parcours commun de Rolland et de Gandhi, ce principe, néanmoins, les déborde tous deux. Par-delà Gandhi, Rolland se sert du principe de non-violence comme d’un pont, d’une force de liaison et de synthèse entre l’Orient et l’Occident. Par-delà Rolland, Gandhi nous incite à amplifier l’ahimsa en une philosophie, voire une mystique qui nous fait atteindre l’essence de l’Être. C’est en ce point que nous introduirons la notion de Terreur, susceptible, croyons-nous, de nous mener à la racine même du principe de non-violence. Le principe de non-violence renferme une telle richesse d’éléments, il condense une telle puissance de significations que la façon la plus commode d’en rendre compte consiste à distinguer chacune de ses stratifications, en allant du
pôle le plus négatif, qui serait la passivité, au pôle le plus positif, où il coïncide avec la loi de l’espèce humaine elle-même, en tant qu’elle a pour vocation de briser le système de terreur où elle est prise originairement. Lire l’article publié sur le site Anarchisme et non-violence 2

21 novembre 2020

Ethics of Philosophy de MK Gandhi: Notes sur Satya, Ahimsa, fins et moyens

2020-11-21T23:17:48+01:0021 novembre 2020|Points de vue|

LOCALUXX
2020

MK Gandhi fait revivre l’éthique de l’ahimsa de Bouddha et l’applique aux problèmes sociaux, économiques et politiques. Il développe une nouvelle vision de la vie basée sur la doctrine de l’ahimsa et voit à résoudre tous les problèmes sociaux, politiques et économiques à la lumière de ce principe. Il donne une nouvelle orientation aux problèmes auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui et propose une nouvelle solution. Lire l’article publié sur le site Localuxx

21 novembre 2020

La non-violence et ses applications

2020-11-21T23:12:10+01:0021 novembre 2020|Points de vue|

Robert DELIÈGE
2008

La non-violence, élément-clé de la pensée gandhienne, fait le lien entre ses conceptions religieuses et ses idées politiques. Pour Gandhi, en effet, la religion ne peut être séparée de la politique mais, bien au contraire, doit guider toute action que celle-ci soit politique, sociale ou économique. En réalité, ces différentes perspectives n’apparaissent pas comme catégories séparées de sa pensée, ce sont des domaines inséparables. S’il répète volontiers que Dieu est au centre de toute action, ce n’est pas par une espèce de bigoterie, mais bien en raison d’une espèce de philosophie morale. Par Dieu, en effet, il faut entendre, non pas les diktats de fanatiques cléricaux, mais cette « voix intérieure » que l’on peut considérer comme notre conscience morale et nos valeurs. Lire l’article publié sur le site Open Edition

20 novembre 2020

Le manifeste de Séville

2020-11-20T16:48:18+01:0020 novembre 2020|Points de vue|

UNESCO
1989

Introduction : 1) Nous n’avons pas hérité la guerre et les armes des animaux. 2) La guerre et la violence ne sont pas génétiquement programmées. Les gènes ne peuvent à eux seuls déterminer les
comportements. 3) L’évolution humaine ne s’est pas faite de façon à privilégier les comportements agressifs. 4) Il n’y a pas de contrainte physiologique induisant la violence. Même dans les situations les plus difficiles, nous filtrons nos comportements selon nos choix, nos modes de socialisations et nos conditionnements. 5) La guerre n’est pas instinctive, mais le résultat de choix cognitifs. La même espèce qui a inventé la guerre est également capable d’inventer la paix. La responsabilité en incombe à chacun de nous. Lire le manifeste publié sur le site de l’APRED

17 novembre 2020

Marxisme et non-violence : des approches pas si antagonistes que cela…

2020-11-17T10:57:17+01:0017 novembre 2020|Points de vue|

GYL
17/11/2020

Dans ma vie de militant non-violent et mes approches du marxisme, me trouvant par un heureux hasard dans un mouvement non-violent qui avait à la fois une approche des conflits économiques d’inspiration marxiste et une attitude réaliste (s’éloignant de préoccupations philosophico-morales dans le même mouvement de la pensée) sur l’efficacité de la non-violence, j’ai toujours trouvé navrante cette opposition des militants marxistes révolutionnaires et des non-violents. Ceci pour plusieurs raisons : 
– La non-violence (politique) et le marxisme (non dogmatique) ont en commun une approche du conflit s’opposant frontalement à des perceptions les niant, comme le font toutes ces idéologies consensuelles prenant leurs désirs pour des réalités, qui s’expriment de manière de plus en plus tapageuses au fur et à mesure que s’aggravent les inégalités économiques, les désastres écologiques et les dissociations sociales.
– Si les traditions (prises très globalement) non-violentes et marxistes divergent en pensée et en action, cela tient d’une part à la position anti-religieuse, mâtinée d’un athéisme militant, de la tradition marxiste (par rapport à des courants principalement religieux) et par la volonté d’exprimer par la violence les rapports de classes sociales, dans l’estimation que rien de révolutionnaire ne peut avoir lieu sans la violence de celle-ci (par rapport à des courants qui placent précisément la violence au coeur de leur réflexion, dans ses conséquences comme dans son expression).
– … Lire l’article publié sur le site Le Conflit

15 novembre 2020

Graines de non-violence chez les précurseurs de l’anarchisme : Godwin, Bellegarrigue et Proudhon

2020-11-15T14:07:14+01:0015 novembre 2020|Points de vue|

Alain REFALO
15/11/2020

La critique et la contestation de l’Etat sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans Etat ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’Etat ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ? L’anarchisme, en tant que théorie politique, n’est pas uniforme sur ces questions. Si l’on balaie l’histoire de ce mouvement, on se rend compte que très peu de ses théoriciens ont légitimé le recours à la violence. Quand ils le font, ils évoquent des circonstances particulières, comme l’auto-défense ou la défense violente en toute extrémité. La plupart sont conscients de la contradiction qui existe entre l’idéal anarchiste et l’utilisation de la violence, moyen autoritaire, moyen de domination et moyen de coercition. Beaucoup plaident pour utiliser des moyens pacifiques, parfois appelés non-violents, la violence n’étant qu’un moment de dernier recours, où un moment ultime dans le processus révolutionnaire. Lire l’article publié sur le Blog d’Alain Refalo

14 novembre 2020

Sortir du cycle de la violence

2020-11-14T14:31:26+01:0014 novembre 2020|Points de vue|

Herrick MOUAFO DJONTU
07/2015

Une date. Le 28 septembre 2012. Un lieu. Le parc Maurice Thorez à Échirolles. Deux jeunes. Kevin et Sofiane, à l’avenir prometteur, sont brutalement arrachés à la vie. Leur courte existence s’est distinguée par leur courage à tirer leurs amis vers le haut et leur envie de briser les barrières imaginaires, pour laisser poindre cette humanité enfouie en chacun de nous. Ils sont devenus, après cette triste date, au fil des jours, une source d’inspiration et d’actions pour de nombreuses personnes, pour comprendre et agir sur la question de la violence. C’est en signe d’attachement aux valeurs portées par ces deux jeunes, que près de quinze mille personnes venant de divers horizons ont fait une marche, le 2 octobre 2012, pour unir leur voix en scandant « PLUS JAMAIS ÇA ». Marche qui a reflété, d’une part, une belle symbiose entre l’expression de la liberté et de la fraternité ; et d’autre part qui a été un révélateur pour ces hommes et ces femmes capables d’actes instituant l’humanité. Lire l’article publié sur le site irénées

14 novembre 2020

Violence structurelle: un concept pour comprendre les racines de l’injustice et des inégalités

2020-11-14T11:53:16+01:0014 novembre 2020|Points de vue|

Karine Gatelier, Claske DIJKEMA
2018

Quand ils traitent de la violence, les médias parlent souvent d’une seule forme de violence, celle qui met en jeu un rapport de force physique, qu’il concerne des biens matériels ou des personnes : attentats terroristes, assassinats, coups et blessures, dégradations de commerces en marge de manifestations de rue, voitures brûlées dans les banlieues, etc. C’est ce qu’on appelle la violence directe. Pour comprendre ses causes profondes, on a besoin d’analyser un autre type de violence : la violence structurelle. Lire l’article publié sur le site irénées

14 novembre 2020

Transformation de conflit : Retrouver une capacité d’action face à la violence

2020-11-14T02:15:23+01:0014 novembre 2020|Points de vue|

 Karine Gatelier, Claske Dijkema et Herrick Mouafo
en collaboration avec Nathalie Cooren et Cyril Musila
2017

Comment étudier la violence dans les quartiers, comprendre lesconflits dans l’espace public, la violence policière ? Comment mesu-rer les enjeux des politiques migratoires à l’échelle française oueuropéenne, le traitement du droit d’asile, la perception des étran-gers et le racisme ? Comment comprendre la vie et la réconcilia-tion après la violence extrême, autant en France que dans les luttesarmées de factions rebelles en Afrique centrale ? Lire le document publié sur le site academia

13 novembre 2020

Désobéissance civile : de la résistance à l’insurrection dans les oeuvres politiques et philosophiques, II – Socrate

2020-11-13T18:15:12+01:0013 novembre 2020|Points de vue|

GYL
13/11/2020

Dès ce qu’on considère généralement comme le point de départ de la philosophie occidentale (surtout par défaut de textes disponibles…), les textes sur les dire et la vie de SOCRATE (longue vie qui va jusqu’à 70 ans, celle d’un très vieux vieillard pour l’époque…) – lequel n’a laissé aucun écrit -, se pose la question de l’objection de conscience et de la désobéissance civile. ARISTOPHANE dans une comédie, XÉNOPHON, PLATON (deux de ses disciples) et ARISTOTE, dans leurs réflexions philosophiques et politiques, exposent une figure (contradictoire) du philosophe grec du Ve siècle avant JC., qui fait l’objet d’innombrables écrits par la suite. Polémiques si fortes que, dans la littérature occidentale, on voit apparaître successivement un SOCRATE de HEGEL, un SOCRATE de KIERKEGAARD, un SOCRATE de NIETZSCHE, un SOCRATE de LACAN, sans compter et pour se limiter à la période moderne, les multiples variations d’autres auteurs…. La recherche sur les textes n’est pas terminée, et ne risque pas de l’être en l’absence de découvertes de textes de SOCRATE, et récemment Gregory VLASTOS distingue nettement deux SOCRATE, et en partant de l’analyse uniquement des Dialogues de PLATON, en tentant de corroborer cette vision à l’aide d’autres textes d’autres auteurs. Lire l’article publié sur le site Le Conflit