Pour Butler, on ne peut jamais séparer l’expérience de la violence de la façon dont nous la comprenons. Chaque fois que nous décrivons la violence subie, nous l’insérons dans un cadre qui lui donne sens. Ce cadre distingue des discours légitimes, et d’autres qui sont au contraire inaudibles.
La justification d’une violence sans limites. Ainsi, lorsque le président américain Georges Bush déclare que les attentats sont une “déclaration de guerre”, il laisse entendre que la seule réponse possible serait la guerre. La façon dont nous parlons de la violence conduit donc à une certaine réponse à cette violence. L’autrice attaque ainsi le cadre d’explication construit après le 11 septembre 2001 dans le discours public, intellectuel et médiatique : C’est une chose de subir une violence et une autre d’utiliser la blessure pour construire un cadre autorisant une violence sans limites – une violence prenant pour cible tous ceux dont on suppose qu’ils sont liés à ce qui est l’origine de la souffrance endurée. Autrement dit, le cadre qui délimite le discours acceptable et exclut le discours inacceptable oblige à une acceptation de la guerre comme seule réponse.
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