Il existe des continents prisonniers des récits que nous fabriquons sur eux. L’Afrique est de ceux-là. Dans l’imaginaire médiatique occidental, elle demeure trop souvent associée aux guerres, aux coups d’État, aux conflits ethniques, à la corruption, aux migrations forcées ou aux crises humanitaires. Comme si l’histoire africaine contemporaine ne pouvait être racontée qu’à travers le prisme de la violence, du chaos ou de la dépendance.
Cette représentation n’est pas totalement fausse — les violences existent, parfois avec une intensité dramatique — mais elle demeure profondément incomplète. Elle laisse dans l’ombre une autre histoire, moins spectaculaire, mais essentielle : celle des résistances civiles, des mouvements citoyens, des ressources culturelles et spirituelles qui, depuis longtemps, nourrissent des formes originales de non-violence. C’est à cette autre réalité que le numéro 219 d’Alternatives Non-Violentes consacre son dossier : « L’Afrique, Terres de non-violence ». Et le pluriel importe. Il ne s’agit pas ici de proposer une vision idéalisée du continent ni de prétendre à une impossible unité africaine, mais de faire apparaître une constellation d’expériences, de traditions, d’initiatives et de luttes qui témoignent d’une inventivité politique souvent méconnue.



