Par Rosita Ergas,
Nous vivons à une époque marquée par de multiples formes de violence : physique, psychologique, économique, religieuse et sexuelle. Face à cela, nous pensons souvent qu’il n’existe que deux voies : la soumission ou la violence. Pourtant, une troisième voie existe : moins visible, mais profondément transformatrice : la résistance juste et nonviolente. Longtemps, la notion de « résistance juste » m’a déconcertée. Je l’ai parfois vue utilisée pour justifier la violence des victimes. Mais mon expérience personnelle m’a amenée à comprendre autre chose : résister justement, ce n’est pas détruire l’autre, mais empêcher que le mal ne se poursuive, sans reproduire la violence que l’on cherche à stopper. La résistance juste consiste à fixer des limites. C’est dire « Je n’accepte pas cela », sans haine, sans vengeance, sans déshumanisation. C’est protéger sa propre dignité sans nier l’humanité de l’autre.



