La fuite dont parle Laborit ne relève pas du sauve-qui-peut impuissant. Elle n’est pas un retour en arrière, mais une marche continuelle vers l’avant, une remise en cause permanente des situations établies, une fuite loin des pouvoirs en place, y compris et surtout ceux que nous avons nous-mêmes contribué à installer. Car sitôt installé, un pouvoir se corrompt immanquablement. Fuir, c’est « choisir un but et corriger la trajectoire de l’action à chaque seconde ». Le but à atteindre est évolutif dans le temps et dans l’espace, jamais figé dans des certitudes idéologiques sectaires et rigides. L’éloge de la fuite, c’est « l’éloge de l’imaginaire, d’un imaginaire jamais actualisé et jamais satisfaisant, c’est la Révolution permanente ». Avec l’utopie comme guide et non comme but à atteindre.  (Source : Chroniques du Yéti, 17 août 2008 – https://yetiblog.org/?s=eloge+de+la+fuite).

Folio, 1985
Henri Laborit (1914-1995) Médecin chirurgien, neurobiologiste, ethnologue et philosophe, connu du grand public par la vulgarisation des neurosciences.