« J’ai construit mon identité et ma force à partir de la violence »

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« J’ai construit mon identité et ma force à partir de la violence »

Entretien avec Urraka Negra MC : le témoignage d’une femme mapuche qui porte dans son corps l’histoire de deux génocides et la mémoire de dizaines de pichi zomo (filles) qui ont été enlevées puis ont disparu, par Gustavo Figueroa.

Urraka a dû grandir à Buenos Aires, suivre sa formation institutionnelle au sein d’une église salésienne et endurer, pendant ses années d’études de graphisme (et même en tant que professionnelle), le dénigrement et l’abâtardissement du fait d’être une femme et une indigène ou une « Indienne », un mot qu’elle entend encore aujourd’hui.

Urraka a été confrontée à la violence raciste à quelques rues de l’endroit où elle a grandi, dans le quartier Villa Crespo de la capitale fédérale, en Argentine. Un homme plus âgé lui a dit, en passant, d’un ton moqueur. « Quelle jolie blondinette » ! Et pendant qu’il me disait cela, il riait et me faisait des grimaces, comme si j’étais une chose, un animal de compagnie ». Sa réponse a été immédiate, essayant, dans cette situation « inconfortable », d’éviter l’humour cynique qui caractérise la société argentine. « Je ne suis pas blondinette ! » a-t-elle répondu de manière convaincante et avec force. « L’homme est resté sérieux. Il ne m’a plus répondu et il est parti ». C’était le premier avertissement de ce qui allait arriver et continuer à arriver dans la vie d’Urraka. « Depuis mon enfance, j’étais très consciente de mon identité, précisément parce que l’environnement lui-même me la rappelait, avec sa discrimination, avec ses exclusions. J’ai construit mon identité et ma force par la violence, mais j’ai aussi commencé à trouver des certitudes sur ce que signifie être Mapuche, et sur ce que signifie être Mapuche au sein de la communauté des guerriers ». Urraka s’est réfugiée dans le dessin et la poésie, le graphisme et le rap, depuis sa jeunesse. « Quand je suis dans le rythme, les mots coulent comme le Leufu (rivière) », me dit-elle, anticipant une partie de la conversation que nous allons avoir.

Lire l’article publié sur le site Pressenza

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