A propos du livre d’Erica Chenoweth
Interpellée par des partisans de la non-violence, Chenoweth a dû constater qu’il n’existait aucune donnée chiffrée fiable sur la résistance civile. Au terme d’un travail de recherche laborieux, Chenoweth et ses collègues ont alors analysé, à l’échelle mondiale, toutes les campagnes menées entre 1900 et 2006 qui avaient mobilisé au moins 1 000 personnes et visaient un changement de système : plus de 200 d’entre elles avaient eu recours à la violence, tandis que plus de 100 ne l’avaient pas fait.
Résultat surprenant : alors que seulement 26 % des révoltes violentes ont abouti (et ont, par la suite, plutôt débouché sur la tyrannie), ce taux s’est élevé à 53 % pour les mouvements non violents, lesquels ont par ailleurs eu tendance à favoriser l’instauration de structures démocratiques. Il est également apparu que toutes les campagnes non violentes ayant mobilisé au moins 3,5 % de la population concernée ont connu le succès. Chenoweth a synthétisé les conclusions de ses recherches dans l’ouvrage Why Civil Resistance Works (2), publié en 2011 avec Maria J. Stephan, avant d’approfondir ce sujet en 2021.



