L’anthropologie de la paix et de la non-violence

L’anthropologie de la paix et de la non-violence

L’anthropologie de la paix et de la non-violence

Leslie E. Sponsel

Traduit de l’anglais par  Brigitte Rollet
Dans Diogène 2013/3-4 (n° 243-244), pages 41 à 64

Une société non meurtrière est-elle possible ? Cette question profonde, essentielle et provocante a été soulevée en 2002 par Glenn D. Paige (2009) dans son travail fondateur Nonkilling Global Political Science. Il y définissait une telle société comme une communauté humaine caractérisée du niveau local au niveau global par l’absence de crimes, de menaces de meurtre, d’armes conçues pour tuer et de justifications pour en faire usage, ainsi que par l’absence des conditions sociétales reposant sur la menace ou le recours à la force létale pour se maintenir ou se transformer. Paige identifie les faits empiriquement vérifiés qui attestent que si tous les êtres humains sont capables de tuer comme de ne pas tuer, la plupart d’entre eux ne sont pas des tueurs (99 %) ; un grand nombre d’institutions et de situations sociales stigmatisent d’ores et déjà la possibilité de tuer. Il problématise ainsi l’idée selon laquelle le meurtre serait une manifestation inéluctable de la nature humaine, de la condition humaine et de la vie en société. Par conséquent, il conteste l’acceptation fondamentale de la guerre et des autres formes de violence dans la société, la science, le monde universitaire, le gouvernement, la politique et toutes les sphères de la vie contemporaine. De plus, il réclame une enquête scientifique sur l’état actuel et possible du non-meurtre (nonkilling). Son travail creuse en profondeur tout un ensemble de questions annexes, articulées en quatre parties : quelles sont les conditions, les causes et les conséquences du fait de tuer, de ne pas tuer, et quelle est la transition de l’un à l’autre dans les deux sens ?

Lire l’article publié sur le site CAIRN

Archives