La pensée de Victor Frankl et notre temps

La pensée de Victor Frankl et notre temps

La pensée de Victor Frankl et notre temps

« La pensée de Victor Frankl et notre temps ». La pensée philosophique et logothérapeutique de V. E. Frankl est basée sur une phénoménologie de la liberté et du sentiment d’existence qui mettent en question les réductionnismes actuels du psychologisme, positivisme et nihi­lisme. L’individu réel répond à la vie à la fois axiologique et absolue pour donner un sens responsable à sa situation chaque fois unique.

Il y a un siècle, Vienne était, à côté de Paris et de Berlin, une capitale célèbre de l’Europe culturelle. Dans toutes les disci­plines, des ruptures avec la tradition des convictions et valeurs s’y produisaient, comme par exemple la sécession esthétique avec Klimt, la musique nouvelle avec Schönberg, l’architecture fonc­tionnel avec Loos ou l’installation d’une nouvelle pensée anti-métaphysique par le Cercle Logique de Vienne (Carnap, Wittgen­stein) d’une part et de la psychanalyse d’autre part 1. Victor Frankl est donc né à une époque, comparable à la nôtre, où les valeurs du passé perdent leur évidence pour faire place à des « philosophies du soupçon » (Paul Ricœur) qui n’admettent plus rien d’autre que la vérification empirique ou une herméneutique du sens rongée par les incertitudes de l’inconscient. Pour le dire en un mot, lorsque Frankl publia ses premiers articles, le climat intellectuel et moral de l’époque est gouverné par le positivisme, naturalisme et psycho­logisme. C’est seulement en littérature que se manifeste encore un certain spiritualisme, comme chez Kafka ou Musil, où l’homme quête un Absolu lointain, c’est-à-dire poussé par l’angoisse de son existence qui se déroule hors d’une patrie à jamais perdue.

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