La violence est-elle encore un tabou ?

Michel WIEVIORKA
28/01/2019

« Dans les années 1960, et jusque vers la fin des années 1970, il existait en France de réelles sympathies pour la violence sociale ou politique. Les idéologies révolutionnaires étaient portées par des groupes marxistes-léninistes ou anarchistes ; les mouvements de libération nationale qui s’étaient affirmés par les armes bénéficiaient de soutiens non négligeables, l’heure pouvait être au tiers-mondisme. Des intellectuels, parmi les plus grands, n’hésitaient pas à justifier, voire à promouvoir la violence quand elle leur semblait émancipatrice : on en trouve par exemple l’expression dans bien des prises de position de Jean-Paul Sartre. Puis tout a basculé, en quelques années, et la violence sociale et politique est devenue un tabou. Pratiquement plus personne n’a alors osé s’en réclamer. L’État, comme dit une formule célèbre du sociologue Max Weber, retrouvait le monopole de la violence légitime. Lire l’article publié sur le site Ouest France

2019-01-29T11:45:05+00:0028 janvier 2019|Points de vue|