La critique de l’humanisme métaphysique

La critique de l’humanisme métaphysique

La critique de l’humanisme métaphysique

Heidegger.

Salvatore Puledda. Interprétations de l’humanisme.

Un des événements décisifs de la formation philosophique de Martin Heidegger eut lieu en 1916, quand Edmund Husserl fut appelé à occuper la chaire de philosophie à l’université de Fribourg, dont Heidegger était diplômé et où il enseignait. Husserl était déjà à cette époque un penseur très connu et respecté et la phénoménologie était un mouvement qui se développait rapidement et suscitait un grand intérêt. Cette même année, Husserl choisit Heidegger comme assistant. C’est ainsi que commença une période d’étroite et intense collaboration entre les deux hommes, pendant laquelle Heidegger contribua de façon décisive au développement de la phénoménologie, non seulement grâce à ses recherches personnelles, mais aussi par l’influence qu’il exerça sur les orientations de recherche d’Husserl. Ce dernier avait coutume de décrire la situation de l’école phénoménologique au cours de ces années de Fribourg par la phrase : « La phénoménologie, c’est Heidegger et moi, et personne d’autre. »

Heidegger devint ensuite professeur de philosophie à l’université de Marburg et en 1927 il publia son ouvrage fondamental, Être et Temps, qu’il dédia à Husserl. Mais ce livre marqua aussi la rupture entre les deux hommes, rupture qui se manifesta explicitement cette même année lorsqu’ils essayèrent vainement de rédiger ensemble l’article « phénoménologie » pour l’Enciclopædia Britannica. Cette rupture entraîna aussi une véritable scission à l’intérieur de l’école phénoménologique. Plus tard, Husserl la rendit publique lorsqu’il attaqua durement ce qu’il appelait « la philosophie de l’existence » d’Heidegger.

PDF : Heidegger et la critique de l’humanisme métaphysique

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