L’antihumanisme philosophique I

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  2. Fondements et non-violence
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  4. Les humanismes
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L’antihumanisme philosophique I

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L’antihumanisme philosophique I

Le structuralisme et Claude Levi-Strauss.

Salvatore Puledda. Interprétations de l’humanisme.

Un des courants de pensée qui se situe le plus résolument dans une position antihumaniste est le structuralisme. Il n’est possible d’attribuer à cette tendance philosophique – qui s’est développée dans les années soixante surtout en France – ni les caractéristiques d’une École ni celles d’un mouvement unifié : il s’agit plutôt, comme on l’a observé, d’un « style de pensée » qui semble commun à des personnalités très différentes, travaillant dans des domaines des sciences humaines assez éloignés entre eux, comme l’anthropologie (Cl. Lévi-Strauss), la critique littéraire (R. Barthes), la psychanalyse freudienne (J. Lacan), la recherche historiographique (M. Foucault), ou appartenant à des courants philosophiques spécifiques comme le marxisme (L. Althusser).

Ce groupe hétérogène de penseurs est caractérisé par une attitude générale de refus à l’égard des idées de subjectivisme, d’historicisme et d’humanisme, qui sont au centre des interprétations de la phénoménologie et de l’existentialisme développées au cours de l’après-guerre par Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty, et qui étaient alors dominantes sur la scène philosophique française. Utilisant une approche opposée à celle suivie par ces derniers, les structuralistes tendent à étudier l’être humain de l’extérieur, comme un phénomène naturel quelconque, « comme on étudie les
fourmis » (comme le dira Cl. Lévi-Strauss), et non de l’intérieur comme une conscience. Avec cette approche, qui est calquée sur les méthodes des sciences physiques, ils essayent de mettre au point des stratégies d’enquête susceptibles de faire apparaître des relations systématiques et constantes dans le comportement humain individuel ou collectif, auxquelles ils donnent le nom de structures. Il ne s’agit pas de relations évidentes, superficielles, mais profondes et en grande partie non perçues consciemment, qui limitent et contraignent l’action humaine. Où qu’elle s’exerce, l’enquête structuraliste tend à faire émerger l’inconscient et les conditionnements plutôt que la conscience ou la liberté humaine.

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