Alain REFALO
15/11/2020

La critique et la contestation de l’Etat sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans Etat ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’Etat ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ? L’anarchisme, en tant que théorie politique, n’est pas uniforme sur ces questions. Si l’on balaie l’histoire de ce mouvement, on se rend compte que très peu de ses théoriciens ont légitimé le recours à la violence. Quand ils le font, ils évoquent des circonstances particulières, comme l’auto-défense ou la défense violente en toute extrémité. La plupart sont conscients de la contradiction qui existe entre l’idéal anarchiste et l’utilisation de la violence, moyen autoritaire, moyen de domination et moyen de coercition. Beaucoup plaident pour utiliser des moyens pacifiques, parfois appelés non-violents, la violence n’étant qu’un moment de dernier recours, où un moment ultime dans le processus révolutionnaire. Lire l’article publié sur le Blog d’Alain Refalo